Alisson Schmitt



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Gwez Palmez , tuteur en bois, papier-peint imprimé fausses pierres, cartes postales, dimensions variables, 2015

Commentaire de Ronan Lecrosnier

«Convoquer le palmier pour conjurer les embruns ? Naturellement implanté dans des contrées méditerranéennes ou tropicales, l’arbre à palmes est progressivement devenu populaire dans des régions moins accueillantes d’un point de vue climatique. Des tropiques à la Bretagne en passant par Jardiland, c’est ainsi qu’un certain nombre de maisons de Landévennec arborent un palmier dans leur jardin.

«Bretagne, Finistère, Landévennec», c’est cette mention que l’on peut lire au verso des cartes postales d’Alisson. Au recto, on retrouve une photographie d’un ou plusieurs Gwez Palmez (en breton dans le texte) dans leur nouvel environnement, qui n’a de tropical que l’humidité. Mais la seule vision de l’arbre exotique suffit à invoquer tout un univers sous-jacent fait d’oasis, de noix de coco et de couchers de soleil incandescents.

Les diverses cartes postales sont disposées en piles de hauteurs variables, à peu près de la même dimension que les murets qui délimitent les jardins des habitants de Landévennec. C’est d’ailleurs un tuteur «imitation pierre de taille bretonne» qui maintient les cartes postales à l’effigie des palmacées. Plus vrai que nature.»

«Palmier: Donne de la couleur locale.»
Gustave Flaubert, Dictionnaire des idées reçues (1913)

Ronan Lecrosnier
https://www.ronanlecrosnier.com/

visuel d'atelier

Yuan Yuan Super Volume, peinture à l'huile, made in China, 140x140 cm, 2016

Avant d’être une peinture, Yuan Yuan Super Volume est un chemin ; celui d’une image qui navigue et qui change de partenaire. Extraite au dos d’une bouteille de shampooing, je l’associe à un peintre copiste du village chinois de Dafen. Elle me revient sur toile, roulée dans un tube. Je la tend sur un châssis de bois.

Commentaire d'Alexandre Barré

«Un follicule pileux, lassé de son paysage, copia son voisin sans son accord, laissant croîre à son encontre une envie d assimilation. Un troisième, se croyant seul modèle, s’inquiéta de la distance par quoi les autres lui paraissaient semblables. Celui-là même prospectait l'éloignement. Le second, comblé que son précédent lui fit l'hommage de la similitude, se figa, éternisant son image de peur que celle-ci ne s’atténue. À distance, celui observant le jeu mouvant d’acteurs se faisant référence s’endormit. Le cauchemar commença : une fiction inattendue faite de cheveux effectuant un commerce identitaire où chacun s’étendit contre l’autre, en tapis de multitude, désirant gésir plutôt que s’élever seul. Le désir sub-cranien qui fit émerger ce projet en sommeil atteignit le follicule pileux du début, le copieur. Oubliant son précédent effort et délaissant son premier voisin, dans un élan compulsif de cette vision partagée, il perdit pied, se détachat, mourut. Le paysage laissé vacant, sauf la présence de sa racine — preuve de l’existence de feu chevelu —, invita implicitement les peines et contemplations. Le follicule figé réveilla le follicule endormit. Tous deux, inconnus l’un de l’autre malgré leurs regards éloignés, célébrèrent la tombe d’une vitalité commune.»

Alexandre Barré
http://alexandrebarre.com/
Ouvert du mardi au samedi, de 11h à 18h

Kardalitho, vidéo, 03’03’’, 2015, pratique de la lithographies, image de Kim Kardashian, maquillage, texte, voix éléctronique.

Commentaire de Vincent Remond

«Mon appréhension et la compréhension de Kardalitho se sont déroulé en trois étapes. La première approche a été une description orale et succincte de la pièce, aucun support si ce n’est une explication nécessaire sur le fonctionnement de la lithographie.
Quelque temps plus tard, j’ai visionné Kardalitho, mais sans
le son. Ignorant qu’il y avait une composante sonore. J’ai pu comparer ce que mon imagination visualisait du processus par rapport à la réalité. La taille réelle des pierres, les mouvements, la photo de Kim Kardashian utilisée, les matières étalées,
la viscosité, la texture.
Dans un second visionnage, cette fois avec tout ce qui compose
la pièce, je me suis focalisé sur cette voix robotique.
La synchronicité du commentaire par rapport aux mouvements rend bien l’impression de tutoriel.
Ne faisant presque uniquement attention à cette voix, je complétais mon appréhension de cette pièce de la même manière que je l’avais découverte.»

Vincent Remond

Un peu comme Kate Moss, vidéo, caméra caché, 01’40’’, 2014,

Amour en mer, performance réalisée dans le cadre de la résidence B.O.A.T, combinaison de plongée, rouge à lèvre waterproof, 2016

Tout peut changer en mieux, magazine et résine polyester, 50x25x30cm, 2016

Le goût du miel, tissus, plâtre, bois, peinture aérosol, pvc, 190x90x50cm, 2017

Welcome to Nine Dragons Hill Resort, performance, 02’34’’, 2017

17 novembre 2017, près de Zaphu en Chine.

J'ai dansé sur ce parking.
Il y avait la musique à fond. Ça donnait sur l'entrée du parc d'attractions mais, il était fermé. La ville italienne était derrière et j'avais l'impression que ce parking avait pour seule fonction le passage incessant des voitures amenant les couples de jeunes mariés.

Les mariés, eux, je les avais vu plus tôt. Ils viennent se faire prendre en photo devant les bâtisses aux bords des canaux. Je me suis imaginée que ce parking était une piste de danse, car il n'y avait personne et beaucoup de place, avec cette musique très forte... C'était le point d'entrée et de sortie des couples.
"Entrer et sortir en musique"
Sia chante à fond dans les hauts-parleurs, "J'ai le coeur élastique, j'ai le coeur élastique". Une chanson dans l'air du temps, qui parle d'amour, en fait. C'est peut-être romantique de parler de ça ici, sur ce parking de fausse ville italienne, perchée sur un toit de taule, près de Zaphu, en Chine. C'est une performance, j'espère que tout le monde a bien compris. Elle a été vue par une petite dizaines d'ouvriers chinois. Ils sont affairés sur la colline qui se trouve en arrière-plan.
Je ne sais pas si ça leur a plu.

Collaboration entre sculpteurs, exercice de modelage, bois, peinture, poids, projection vidéo, 00’59’’, 2016,

visuel d'atelier

Tenue de travail #1,#2,#3,#4, performance, fond de teint,
tee-shirt blanc, 20’00’’, 2016

Lier la parole, le faire, le visible.
La forme se construit pendant le temps de la performance.
Mes mains sont recouvertes de maquillage, comme enfilées dans des gants à peine visibles, alors que j’effectue un travail de commentaire des oeuvres présentent.

Le contexte est primordial et oriente la lecture de cette propostion.
Elle a à ce jour existé sous 3 formes :
en temps que soutien de mon propre travail, à trois reprises comme médiation performée de l’exposition collective «Hunky Dory» à Rennes,
et sous forme collaborative lors de la présentation de la pièce «Amphi 1»
de l’artiste Marin Bonjean à Shanghai.

Tenue de Soirée, performance réalisée lors d’une soirée performance. Robe brodée, trois textes, un recueil de poèmes de Paul Claudel, bande son du générique des Feux de l’amour, microphone. 15’00’’ réparties sur 5 temps, 2017

L'ensemble évolue dans un monde d’apparences et de consommation et les éléments mis en jeux se définissent à travers la publicité, les magazines, la mode mais aussi la culture pop au sens large.
En les manipulant, je cherche à redéfinir leurs priorités, mais tente aussi de les faire dialoguer avec le champ des arts-plastiques. Il est d’ailleurs important à mes yeux d’évoquer le processus de création de ce travail, la notion d’auteur et d’atelier comme une entreprise semblable à celles qui s’articulent dans notre environnement direct et quotidien (médiatiques, politiques, commerciales...) Il est d’une certaine manière question d’individus et de leur propre construction au sein de ces mondes.

Cette page se présente comme une planche à parcourir, accordant à chaque élément la possibilité d'influencer sur l'interprétation des autres. Y sont présentés des images documents, des vidéos, des liens et leurs légendes, mais également les commentaires d'artistes et commissaires amis qui, sur invitation, apportent un regard et un positionnement singulier sur les propositions.